Le système solaire

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Vénus – La belle voilée

Dans la mythologie romaine Vénus est la déesse de l'amour et de la beauté. Sans doute nos ancêtres ont-ils été impressionnés par la brillance de cet astre. A noter aussi que la quasi totalité des bassins, cratères et autres formations de sa surface portent des noms féminins.

De par sa position de planète intérieure, Vénus n'est jamais très éloignée du Soleil, elle n'est donc visible qu'à l'aube et au crépuscule. La croyance populaire, dans la Grèce antique, en faisait deux astres distincts: Eosphorus étant l'étoile du matin et Hesperus l'étoile du soir, mais déjà alors les astronomes savaient qu'il s'agit en réalité du même astre. La dénomination d'étoile du berger est également courante.

Quelques chiffres

  Valeurs
relatives
Valeurs
absolues
Orbite 0.72 UA 108'200'000 km
Masse 0.89 4.87 x 1024 kg
Diamètre 0.95 12'104 km
Révolution   224.7 Jours
Rotation   243 jours
Inclinaison   3.394°
Excentricité   0.0068
Densité   5.25
Vénus

Exploration

Les données recueillies par plus d'une vingtaine de sondes sont venues enrichir nos connaissances sur Vénus.

La voie fut ouverte en 1962 par Mariner 2. Venera 7, en 1970, fut la première à se poser sur une autre planète. Venera 9 la rejoignit en 1975.

La surface de Vénus est invisible, cachée par une couverture nuageuse très dense. Seul un relevé radar permet d'en connaître la topographie. Les mesures effectuées depuis la Terre, à l'aides des plus puissants radiotélescopes, comme Goldstone et Arecibo restaient limitées aux régions équatoriales et la résolution était de l'ordre de 10 à 20 km. Avec la sonde Pioneer Venus, lancée en 1978, on disposa enfin d'un radar en orbite. Mais ce fut la sonde Magellan, lancée en 1989 qui réalisa une cartographie précise du 98% de la surface de Vénus avec une résolution de 300 mètres.

Atmosphère

Pas particulièrement accueillante, l'atmosphère vénusienne se compose dans les basses couches de 96% de gaz carbonique, de 3,5% d'azote et de 0.13% de vapeur d'eau. On y relève aussi des traces de dioxyde de souffre, d'oxygène moléculaire, d'hélium, d'Argon et de Néon. La pression au niveau du sol avoisine 90 atmosphères, comparable à celle qui règne sur la Terre à une profondeur de 1000 mètres sous la surface de la mer. Un puissant effet de serre engendre des températures dépassant 400°C. Ces nébulosités génèrent des pluies acides qui, vu les conditions, sont rapidement évaporées. Les nuages forment des couches stratifiées distinctes, épaisses chacune de plusieurs dizaines de kilomètres et qui s'étendent à l'ensemble de la planète. En altitude, les vents soufflent à des vitesses qui peuvent dépasser 350 km/heure. Au sol ils sont en général modérés.

Topographie

La surface vénusienne est principalement formée de plaines avec relativement peu de reliefs. On relève aussi la présence de vastes bassins: Atalanta Planitia, Guinervere Planicia, Lavinia Planicia.

La planète comporte deux régions montagneuses: Le long de l'équateur, Aphrodite Terra et dans l'hémisphère Nord, Isthar Terra qui possède les plus hauts sommets de Vénus dont le point culminant le Mont Maxwell.

Volcanisme

Vénus semble avoir été le théâtre d'une importante activité volcanique. C'est ce que révèle la présence de nombreux cratères ainsi que d'importantes coulées de lave qui ont pratiquement effacé, il y a 800 millions d'année, toute trace des anciens cratères d'impact météoritique.

Actuellement une faible activité volcanique localisée subsiste.

Cratères métèoritiques

L'atmosphère vénusienne assure une protection efficace contre les petits météorites. De ce fait seuls des cratères d'impact importants, de plus de 1,5 km de diamètre, ont été observés. Ils sont souvent rassemblés en petits groupes comme si le météore responsable s'était fractionné en traversant l'atmosphère.

Satellite

Pendant près de deux siècle la controverse agita le monde des astronomes. Vénus possédait-elle un satellite ? La mèche fut allumée en 1672 par Giovanni Cassini qui distingua un objet d'un diamètre égal au quart de celui de Vénus et qui semblait présenter des phases identique à la planète. Au cours des décennies suivantes nombre d'observateurs braquèrent leurs lunettes sur l'étoile du berger avec des résultats divers : Certains confirmaient l'hypothède de Cassini, d'autres comme Willam Herschel l'infirmaient. Suite à une publication publiée en 1887 par l'académie des sciences de Bruxelles la fièvre s'apaisa. Vénus resta sans compagnon.

Phases

Lorsque Galilée pointa sa toute nouvelle lunette sur Vénus, il eu la surprise de découvrir que la planète présentait, comme la Lune, des phases distinctes. Une preuve de plus, avec la découverte des satellites de Jupiter, à verser à l'appui de l'héliocentrisme. Aujourd'hui l'astronome amateur peut, même avec un petit instrument, suivre facilement cette évolution.

Hélas, de par sa position de planète inférieure, Vénus ne facilite pas la tâche de l'observateur. A la «Nouvelle Vénus», les planètes sont en conjonction inférieure, leur distance est la plus faible. Mais alors Vénus ne nous présente que sa face non éclairée et de plus elle se trouve en plein dans le Soleil. A la "Pleine Vénus" , les planètes sont en conjonction supérieure, leur distance la plus grande et Vénus est derrière le Soleil. Immédiatement avant et après ces conjonctions, il est illusoire d'espérer apercevoir la Belle. Il faut attendre que l'élongation soit suffisante et que Vénus s'éloigne suffisamment de son trop lumineux voisin pour que son croissant se détache, brillamment dans notre ciel matinal ou vespéral. Quand les trois corps sont en quadrature, c'est à dire que l'angle formé par la Terre, Vénus et le Soleil est de 90°, on dit qu'ils sont en élongation maximum. Vénus est alors visible quelques heures par jour.

L'orbite de Vénus est inclinée de 3°24' par rapport à l'écliptique. Il s'en suit que la trajectoire de la planète ne passe pas exactement derrière ou devant le Soleil. Les deniers transits de Vénus devant le Soleil se sont produit en 1761, 1769, 1874 et 1882. Il n'y en a pas eu au 20ème siècle. Les prochains passages sont programmés pour le 7 juin 2004 et juin 2012.

Observations

Vénus est l'astre le plus brillant du ciel. Son éclat gène malheureusement les observations. Un filtre bleuté peut être utile. Il est très difficile, à l'aide de nos instruments, de distinguer des détails de sa couverture nuageuse. L'amateur se concentrera donc sur l'observation des phases vénusiennes cherchant à apercevoir, avant ou après la conjonction inférieure, le croissant le plus fin mais le plus grand possible. Pour cela il faut flirter avec les brumes vespérales ou matinales. Il pourra ensuite suivre l'évolution de la planète au cours de sa révolution.

Autre défi: apercevoir Vénus en plein jour, à condition bien sûr qu'elle soit suffisamment éloignée du Soleil. Attention lors de l'utilisation d'instruments, on doit s'assurer que même involontairement on ne puisse viser le Soleil! A l'occasion d'un rassemblement d'astronomes amateurs à St.-Luc, nous fûmes nombreux à apercevoir Vénus à l'œil nu juste après midi. Recette: Savoir ou elle doit être, la repérer aux jumelles, ensuite fixer longuement à l'œil nu la zone concernée et attendre que brusquement l'objet apparaisse dans le champ de vision.


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SAVAR Update: 23 mars 2001 : J. Zufferey
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