Le système solaire

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Jupiter

Cinquième planète du système solaire, Jupiter est la première des géantes gazeuses. Géante elle l'est vraiment puisque sa masse dépasse celle additionnée de tous les autres corps en orbite autour du Soleil. Il n'est donc pas étonnant que l'on ait choisi pour elle le nom romain de Zeus, maître de l'Olympe.

Le diamètre jovien avoisine le maximum que peut atteindre une planète gazeuse. En effet, toute augmentation de masse entraîne une compression du gaz par gravité et l'influence sur le rayon reste faible. Seul le déclenchement des réactions nucléaires internes permet aux étoiles d'arriver à des dimensions plus importantes. Mais Jupiter eut dû être 80 fois plus massive pour devenir étoile…

Quelques chiffres

  Valeurs
relatives
Valeurs
absolues
Orbite 5.20 UA 778'330'000 km
Masse 318 1.90 x 1027 kg
Diamètre 11 142'984 km
Révolution   11.86 ans
Rotation   0.41 jours
Inclinaison   1.30°
Excentricité   0.048
Densité   1.33
Jupiter

Composition

Risquons-nous à une plongée dans l'atmosphère jovienne et essayons d'en décrire la composition à la lumière des connaissances recueillies aussi bien par les instruments terrestres que par ceux embarqués dans des sondes comme Voyager ou Galileo.

Le centre de la planète est formé par un noyau rocheux dont la masse équivaut à peu près à une quinzaine de masses terrestres. On pense qu'il est principalement composé de silicates et de métaux. En son centre, la pression atteint 45 millions d'atmosphères. Au moment de son accrétion le noyau s'est considérablement échauffé. C'est peut-être à cette chaleur résiduelle que l'on doit le fait que la planète réémet 1.7 fois plus de chaleur qu'elle n'en absorbe du Soleil. D'autres sources attribuent cette émission de chaleur à une lente contraction de la planète de quelques milimètres par an.

Au-dessus du noyau, la partie la plus grosse de la planète est formée d'hydrogène métallique liquide, ce qui n'est possible qu'en raison des pressions énormes, plus de 4 millions d'atmosphères, qui règnent dans cette zone. La densité et la conductibilité électrique de cette forme d'hydrogène composée de protons ionisés et d'électrons libres sont beaucoup plus importantes qu'à l'état gazeux.

La couche supérieure, formée de molécules d'hydrogène (88%) et d'hélium (11%), est liquide à l'intérieur et gazeuze ensuite. Dans les couches extérieures on a entre autre détecté de l'amoniac (NH3), du méthane (CH4), de l'éthylène (C2H4), du méthylacétylène (C3H4), du benzène (C6H6), de l'hydrosulfure d'amonium (NH4SH), de la phosphine (PH3), de l'oxyde de carbone (CO) et de très faibles quantités d'eau.

Vents

Les larges bandes colorées parallèles sont familières aux astronomes amateurs et constituent en quelque sorte, avec les satellites galiléens, la « signature » de Jupiter. Elles mettent en évidence les phénomènes météorologiques extrêmement dynamiques et puissants qui animent les couches supérieures de l'atmosphère. Dans les bandes adjacentes, les vent soufflent dans des directions opposées. Galiléo a révélé que la vitesse de ces vent pouvait dépasser 640 km/h et que ces phénomènes se produisaient aussi profondément que la sonde est capable d'observer.

Equateur

La grande tache rouge

grande tache rouge
grande tache rouge

Déjà connue au 17ème siècle, la grande tache rouge dessine un ovale d'environ 13'000 x 40'000 km. Elle est assez grande pour contenir quatre Terres côte à côte. Il s'agit d'un phénomène anticyclonique dont on n'explique toujours pas la persistance. Ce gigantesque tourbillon tourne sur lui-même en six jours. La coloration rouge est principalement due à la phosphine présente dans l'atmosphère. D'autres tâches similaires, mais plus petites sont connues depuis des dizaines d'années.

Champ magnétique

La présence d'hydrogène métallique liquide est une des causes de l'important champ magnétique produit par Jupiter. Celui-ci, soumis à l'effet des vents solaires est fortement excentrique. Si l'influence de la magnétosphère jovienne ne se fait sentir que sur quelques millions de kilomètres en direction du Soleil, elle s'étend par contre dans l'autre sens sur plus de 650 millions de km, soit au-delà de l'orbite de Saturne. L'intensité de ce champ est si élevé qu'il tuerait immédiatement tout être humain qui se risquerai dans ces parages sans protection adéquate.

Collisions

En juillet 1994, la comète Shoemaker-Levy (SL-9), qui s'était brisée en une vingtaine de morceaux en raison des forces de marées gravitationnelles de Jupiter, entra en collision avec la planète en une série de chocs d'une violence exceptionnelle. L'impact G créa dans l'atmosphère une tache d'un diamètre équivalent à celui de la Terre entière et dont les traces étaient encore observables une année plus tard.

Anneaux

Jupiter possède un anneau. Mais celui-ci est un milliard de fois moins lumineux que ceux de Saturne. Il a donc fallu attendre le 5 mars 1979, et le passage de Voyager-1 pour le découvrir. Il est probablement formé de particules de poussières et de glace d'un diamètre inférieur à 10 microns. Le dessin annexé montre la forme générale de cet anneau.

Anneaux

Satellites

L'alignement des 4 satellites Io, Europe, Ganymède et Callisto, autour de Jupiter, constitue un spectacle superbe. On les apelle satellites galiléens en hommage à Galilée qui les découvrit en 1610.

Mais Jupiter possède d'autres satellites dont voici une liste à fin 2002 :

Satellites Rayon
[km]
Distance
[km]
Masse
[kg]
Découverte
Métis 20 127'969 9.56 x 1016 1979
Adraste 12.5 x 10 x 7.5 128'971 1.91 x 1016 1979
Amalthée 135 x 84 x 75 181'300 7.17 x 1018 1892
Thèbe 55 x 45 221'895 7.77 x 1017 1979
Io 1'815 421'600 8.94 x 1022 1610
Europe 1'569 670'900 4.80 x 1022 1610
Ganymède 2'631 1'070'000 1.48 x 1023 1610
Callisto 2'400 1'883'000 1.08 x 1023 1610
S/2000 J1 4 7'435'000 ? 2000
Léda 8 11'094'000 5.68 x 1015 1974
Himalia 93 11'480'000 9.56 x 1018 1904
Lysithée 18 11'720'000 7.77 x 1016 1938
Elara 38 11'737'000 7.77 x 1017 1905
S/2000 J11 2 12'654'000 ? 2000
S/2000 J10 1.9 20'375'000 ? 2000
S/2000 J3 2.6 20'733'000 ? 2000
S/2000 J5 2.2 21'019'000 ? 2000
S/2000 J7 3.4 21'162'000 ? 2000
Ananke 15 21'200'000 3.82 x 1016 1951
S/2000 J9 2.5 21'734'000 ? 2000
S/2000 J4 1.6 21'948'000 ? 2000
Carme 20 22'600'000 9.56 x 1016 1938
S/2000 J6 1.9 22'806'000 ? 2000
Pasiphaé 25 23'500'000 1.91 x 1017 1908
S/2000 J8 2.7 23'521'000 ? 2000
Sinope 18 23'700'000 7.77 x 1016 1914
S/2000 J2 2.6 24'164'000 ? 2000
S/1999 J1 2.4 24'296'000 ? 1999

Sondes

Pioneer 10 et Pioneer 11 furent, en 1972 et 1973 les deux premières sondes à survoler Jupiter.

Elles furent suivies en 1977 par Voyager 1 et 2 au cours de leur légendaire périple vers les planètes extérieures.

C'est aujourd'hui Galileo qui a pris la relève et qui continue l'exploration du système jovien, après avoir largué un pénétrateur qui, le 7 décembre 1995 transmit des données jusqu'à 160 km à l'intérieur de l'atmosphère de Jupiter.


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SAVAR Update: 30 déc. 2002 : J. Zufferey
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