Les Constellations

29 – Le Capricorne

(Capricornus; Capricorni; Cap)

Le Capricorne est une constellation peu étendue : 414 degrés carrés. Elle se situe entre deux autres constellations zodiacales : le Verseau à l'est (en partie au nord), le Sagittaire à l'ouest.

Quand en 1603 Bayer donna un nom aux étoiles la composant en utilisant l'alphabet grec, il estima que plusieurs astres de cette constellation étaient tous de troisième magnitude : les deux composantes de l'étoile Alpha, l'étoile Bêta, la Gamma et la Delta. Grâce à la plus grande précision des mesures photométriques, on sait aujourd'hui que la plus lumineuse est Delta Cap, qui répond au nom de Deneb Algedi (= la queue de la chèvre). C'est une double à éclipses de magnitude 2,81, de même que Gamma Cap, Nashira, nom d'une ancienne divinité arabe.

Précisons à cette occasion que c'est à quelque 4° au nord-est de Gamma Cap, près de la très faible Mu Cap, que le 25 septembre 1846 l'astronome Galle découvrit, depuis l'observatoire de Berlin, la nouvelle planète prévue par calcul par Le Verrier et Adams à partir des perturbations observées dans l'orbite d'Uranus : Neptune.

La suivante en luminosité est Bêta Cap de magnitude 3,8.
La disposition des étoiles les plus brillantes rappelle un triangle rectangle isocèle renversé, c'est-à-dire avec la base au nord et le sommet opposé, jalonné par l'étoile Oméga Cap, au sud.
Les extrémités de la base sont signalées dans la partie est par les deux étoiles Delta et Gamma Cap, et à l'ouest par Alpha et Bêta.

Le nom porté par la constellation, nom inspiré de l'antique mythologie animale qui représentait le capricorne avec une tête de chèvre et une queue de poisson, dénote qu'elle a des origines très anciennes. Macrobe (5è siècle de notre ère) affirmait que la symbolique du Capricorne devait être associée au fait que le Soleil, une fois qu'il a atteint son minimum, doit escalader l'écliptique tout comme la chèvre au pied d'une pente abrupte. En effet, à l'époque où fut "créé" l'astérisme, le Soleil, au solstice d'hiver, se trouvait précisément dans le Capricorne (dans le Cancer au solstice d'été). C'est pour cette raison que les géographes ont baptisé tropique du Cancer et tropique du Capricorne les deux cercles parallèles à l'équateur terrestre situés respectivement à 23°5 au nord et au sud de celui-ci. Aux latitudes correspondant à ces cercles, le Soleil est au zénith aux alentours des 20 et 21 juin (tropique du Cancer) et des 21 et 22 décembre (tropique du Capricorne). Cependant le phénomène séculaire de la précession des équinoxes fait qu'actuellement le solstice d'hiver tombe dans la constellation du Sagittaire et celui d'été entre les constellations du Taureau et des Gémeaux.

Les principales étoiles doubles

Les plus intéressantes se trouvent toutes dans la partie occidentale de la constellation et presque toutes sont très faciles.
La première, Alpha Cap est très connue. A l'est, nous avons Alpha-2 Cap, une géante orangée de magnitude 3,56, accompagnée à l'ouest par la supergéante jaune Alpha-1 Cap, de magnitude 4,24 ; leur séparation est de 377,7 d'arc. En réalité, les deux étoiles ne forment pas un système uni physiquement : Alpha-2 Cap se trouve à 100 a.l. de nous alors que Alpha-1 se trouve au moins 5 fois plus loin. Ce sont des doubles optiques comme Mizar et Alcor dans la Grande Ourse.

En revanche, il y a un authentique système multiple : Bêta Cap. Avant tout, cette étoile constitue une système visuel de grande amplitude : la primaire, de magnitude 3,08, a une compagne blanche de 6,10 à une distance de 205 . De plus, cette primaire est un système spectroscopique triple, avec des périodes de 8,8 et 1374 jours alors que la secondaire est à son tour une double visuelle très étroite (séparation d'à peine 0,8 ).

Sigma Cap, qui se trouve à un peu plus de 4° au sud de Bêta Cap, est composée d'une primaire orangée de magnitude 5,28 et d'une compagne de magnitude 8,8 à 56,5.

Tout aussi facile à observer, ADS 14229 dont les deux composants jaunes sont des étoiles de magnitude 6,7 et 7,5 avec une séparation non négligeable de 15,6.

Les principales étoiles doubles

Nom A.D. Déclinaison M a M b Séparation Couleur
Alpha Cap
20h 18,1'
- 12° 33'
3.56
4.24
377.7"
or j
Sigma Cap
20h 19,6'
- 19° 07'
5.28
8.80
56.5"
or
Beta Cap
20h 20,8'
- 14° 47'
3.08
6.10
205"
v b
ADS 14299
20h 48,4'
- 18° 12'
6.7
7.5
15.6"
j j

Le Capricorne

Observation dans le Capricorne début septembre dès 22 H (Tu)

A la fin du crépuscule astronomique, vous trouverez l'amas globulaire Messier 30 à plus d'une vingtaine de degrés au-dessus de l'horizon sud-est. Installé dans le Capricorne, vous le pointerez aisément en partant de Deneb Algedi ( Cap) et en glissant d'un champ vers le sud. Messier 30 sera alors sur le côté inférieur droit de votre champ et il apparaîtra comme une petite tache floue. Grâce à son diamètre de 5,7 et à la grande concentration de son noyau, il est observable même avec de petits instruments. Sa distance par rapport à nous est d'environ 40 000 années-lumière.

Nom A.D. Déclinaison Magn. Dim. Type Note
NGC 7099
21h 40,4'
- 23° 11'
7.50
5.70
Amas globulaire
M 30

Etoiles variables

Parmi les étoiles variables, deux sont très lumineuses mais un peu décevantes : Delta Cap, variable à éclipses avec une période à peine supérieure à un jour ; sa distance par rapport à nous est de 50 a.l. La seconde est Epsilon Cap, qui varie de manière irrégulière entre 4,48 et 4,72.

Il existe aussi dans cette constellation beaucoup de variables du type Mira et des semi-régulières, mais toutes sont très faibles.

Objets non stellaires

A part M 30 que nous avons déjà cité, notons la galaxie spirale :

Nom A.D. Déclinaison Magn. Dim. Type Note
NGC 6907
20h 25,1'
- 24° 50'
12.1
2.5 x 2.0
Galaxie
Spirale

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Update: 16 décembre 2006 : J. Zufferey
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