Les Constellations10 Orion(Orion; Orionis; Ori)Orion est la plus belle constellation de l’hiver; à cheval sur l’équateur, elle occupe 594 degrés carrés de la voûte céleste. On la repère facilement grâce au grand quadrilatère formé, au nord-est par la super-géante rouge alpha: Bételgeuse, de magn. 0,5 (au dixième rang des étoiles les plus lumineuses); au nord-ouest, par la géante bleue gamma: Bellatrix, de magn. 1,64; au sud-ouest, par la super-géante bleue bêta: Rigel, de magn. 0,12 (au septième rang des étoiles les plus lumineuses) et au sud-est, par la super-géante bleue kappa: Saiph, de magn. 2,06.Au centre du quadrilatère, on trouve trois étoiles bleues, brillantes, alignées dans le sens sud-est/nord-ouest, représentant la «ceinture» ou le «baudrier» d’Orion; il s’agit de Alnitak (mag.1,91), Alnilam (mag.1,70) et de Mintaka (mag.2,23). Au-dessous du centre de la ceinture, il y a une suite d’objets (étoiles, nébuleuses) qui dessinent «l’Epée d’Orion»; parmi eux, la très célèbre nébuleuse d’Orion. C’est la splendeur de la constellation qui incita les Grecs à la nommer Orion, héros décrit par Homère comme un chasseur géant, tué par le Scorpion et ramené à la vie par Esculape. Pindare l’appelle «Oarion», à savoir le «guerrier», poursuivant de ses assiduités les Pléiades, défendues par la Taureau. Les Arables appelaient l’astérisme «Al-Jauzah»: «le mouton noir avec un point blanc sur le dos», la constellation étant tout à fait remarquable parmi les autres et ayant servi vraisemblablement de guide aux nomades. On ne peut manquer d’observer, à l’œil nu, la nébuleuse diffuse M 42. Elle contient les fameuses étoiles dites du Trapèze. Son spectre est celui caractéristique d’un gaz raréfié, alors que celui des étoiles prouve qu’elles sont en train de s’éloigner du lieu où elles se sont sans doute formées: elles sont donc très jeunes et il est possible que d’autres soient en formation. M 43 est à 8’ au nord-est de M 42; elle est éclairée par une étoile de magn. 8. Un demi-degré au sud de zêta Ori = Alnitak, se trouve Barnard 33, la célèbre nébuleuse de la Tête de cheval, un nuage obscur se projetant sur la nébuleuse claire IC 434, disposée du nord au sud à partir d’Alnitak. B 33 a été découvert en 1889 sur une plaque photographique par Pickering. Sa faible émission dans le rose et le rouge la rend pratiquement impossible à repérer avec des télescopes non professionnels, car il faut d’abord pouvoir détecter la nébuleuse dans laquelle elle se situe avant de pouvoir la détecter elle-même par contrastes successifs.
Deux mots sur Rigel et Bételgeuse:En observant la constellation d’Orion, on est frappé par la différence de couleur de deux de ses astres les plus brillants: la rouge Bételgeuse qui marque l’épaule droite du célèbre chasseur mythologique, et la bleue Rigel sur sa jambe gauche.Rigel (mag. visuelle de + 0.14) est la 7ème étoile du ciel en éclat apparent. Pourtant, cela n’est pas dû à sa proximité par rapport à nous, comme on pourrait le supposer de la part d’une étoile si lumineuse. Non, Rigel est intrinsèquement très lumineuse. On a mesuré la distance de Rigel par la méthode spectroscopique, à savoir en étudiant son spectre, qui est du type B8, auquel correspond une luminosité 50’000 fois plus forte que celle du soleil. De par sa couleur et d’après le diagramme HR, sa température effective se situe aux alentours de 12’000 K, chiffre élevé au point qu’un cm carré de sa surface émettrait presque 20 fois plus de lumière qu’un cm carré de la surface du Soleil; Rigel doit donc avoir un rayon égal à 65 fois celui du Soleil pour irradier une telle énergie mais avec une densité qui ne représente que les quatre dix millièmes de celle de notre étoile. Ramenée à la distance de Sirius, Rigel aurait une magnitude apparente de -10, un cinquième de celle de la Pleine Lune: on la verrait donc en plein jour et la nuit, elle serait en mesure de projeter des ombres. Mais une telle consommation d’énergie n’est pas gratuite: Rigel n’a pas plus de 10 millions d’années et on pense qu’il ne lui reste pas plus d’un million d’années à vivre - toute sa vie s’exténuera donc en un laps de temps mille fois plus court que celui attribué au Soleil! Bételgeuse est une variable. En effet, sa luminosité apparente va de +0,4 à 1,3. Mais ni l’ampleur des variations lumineuses, ni la période principale d’environ 2070 jours où se succèdent les maximums et les minimums ne sont constantes. Elle fut certainement, à une certaine époque, une étoile très lumineuse, ce qui lui valut de se voir attribuer la lettre alpha (= étoile la plus brillante d’une constellation), mais de nos jours, elle a perdu de cet éclat, se faisant ainsi supplanter par Rigel. Mesurée selon la méthode de la parallaxe, sa distance par rapport à nous est d’environ 650 a.l. Considérant sa magnitude apparente et sa distance, on déduit que Bételgeuse est extrêmement lumineuse, presque 19 mille fois plus que le Soleil lorqu’elle est à son maximum. Par contre, sa température est d’environ 3700° C (5500 pour le Soleil): 1 cm carré de sa surface émet environ 8 fois moins d’énergie que 1 cm carré de photosphère solaire. Les dimensions de Bételgeuse doivent donc être énormes : son diamètre passe effectivement de 750 à 1300 millions de km, presque mille fois celui du Soleil! Placée au centre du système solaire, sa photosphère atteindrait en période de maximum l’orbite de Jupiter. En ce qui concerne sa masse, les modèles d’astrophysique lui en donnent une 30 fois supérieure à celle du Soleil; si on divise cette valeur par le volume occupé, on trouve que la densité moyenne de cette étoile est incroyablement faible: un cent millième de celle de notre air! On peut donc affirmer que Bételgeuse est une gigantesque boule de gaz raréfié, un «vide coloré de rouge». Selon la théorie de l’évolution des étoiles, à la fin de sa vie une étoile s’étend, donc se refroidit et devient une supergéante rouge: c’est probablement le cas de Bételgeuse. En outre, l’extension considérable des couches externes provoque des phénomènes d’instabilité, perçus comme des variations lumineuses.
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