L'observation du Soleil en lumière H-Alphaà l'aide du filtre Coronado SolaxMax 40.Généralement, l'amateur contemple des objets dont l'aspect ne varie que peu ou prou durant une séance d'observation. Et pourtant, l'univers est loin d'être figé. De temps en temps apparaissent des comètes ou des supernovae. Des astéroïdes traversent le ciel à qui mieux mieux et les taches solaires changent d'aspect au cours des jours. Les protubérances du Soleil, gargantuesques flammèches, peuvent naître, s'étirer puis disparaître en quelques quarts d'heures. L'observation du SoleilBien que ce soit l'évidence même, il n'est jamais inutile de dire et redire que l'observation du Soleil est extrêmement dangereuse si l'on ne protège pas ses yeux d'une manière adéquate. En un instant, la rétine peut être grillée… et c'est la cécité pour la vie. On peut observer le Soleil avec un télescope muni d'un filtre neutre laissant passer 1/100 000 de la lumière reçue. On s'aperçoit que sa surface est granuleuse et sporadiquement parsemée de taches. Lors des éclipses totales du Soleil, on voit des flammes rouges jaillir sur ses bords, même à l'œil nu. Ce sont les protubérances. Normalement elles sont invisibles, car elles sont perdues dans l'éclat de l'atmosphère. Le spectre solaire
Fig. 2 : Un exemple d' analyse spectrale. La double ligne D est celle du sodium. On peut voir sa couleur jaune en faisant griller un peu de sel de cuisine dans la flamme d' une bougie
Si l'on observe le Soleil dans la longueur d'onde d'une de ces raie à l'exclusion de tout le reste du spectre, on perçoit la répartition de cet élément sur sa surface. C'est ainsi qu'avec un filtre adéquat, on peut voir d'où provient le calcium qui est dans nos os ( figures 3 et 4 ) !
La raie H-AlphaLe Soleil est constitué, pour la majeure partie, d'hydrogène incandescent. Celui-ci émet de la lumière dans diverses longueurs, d'ondes, visibles elles aussi sous forme de raies. Celles-ci constituent la série de Balmer. L'une d'elles est appelée H-alpha (656,28 nanomètres). Elle est située dans la partie rouge du spectre (Figure 5).![]() Fig. 5 : La série de Balmer. Ce dernier, prof à l' Ecole cantonale des filles à Bâle, avait découvert que les longueurs d' ondes des diverses lignes se suivent conformément à une formule mathématique, d' où le nom de série. C'est à cette longueur d'onde que nous observerons les protubérances. Ainsi, nous pourrons les voir sans être éblouis par d'autres phénomènes. Le coronographeL'une des techniques utilisées pour l'observation des protubérances, est celle du coronographe. Elle consiste à créer une éclipse de soleil artificielle au foyer d'un télescope à l'aide d'un cône métallique. Pour améliorer le contraste, on place, devant l'oculaire, un filtre ne laissant passer que l'H-alpha. Les protubérances sont bien visibles, mais le maniement de l'appareil est délicat et la surface du Soleil demeure, évidemment, invisible. Les filtres sélectifsUne autre technique consiste à absorber sélectivement les composantes indésirables du spectre solaire à l'aide de filtres spéciaux. De tels filtres, constitués d'une multitude de couches minces de minéraux sublimés sur une pile de substrats, permettent de très bonnes observations des protubérances ainsi que de la surface du Soleil. Les filtres à bande passante* assez large (plus de 0,07 nm de largeur) favorisent les protubérances au détriment des phénomènes de surface, qui deviennent trop brillants. Ceux à bandes étroites (0,05 à 0.06 nm) ont un meilleur contraste, assombrissent les protubérances mais permettent mieux d'étudier les régions actives de la surface solaire ( filaments, spicules, granulation). Ils sont malheureusement plus chers que les premiers. Les filtres Coronado
Depuis peu, Coronado produit un filtre d'un diamètre de seulement 40 mm de diamètre, ce qui le rend nettement moins cher que tous les autres filtres H-alpha mais limite le grossissement utilisable. Il peut se placer sur une très petite lunette (fig. 8).
Fig. 8 : Le filtre Coronado Solarmax monté sur une petite lunette. Le filtre de rejet d' énergie et l' étalon de Fabry-Pérot sont devant l' objectif. Le filtre bloquant est monté dans le renvoi coudé. Sa bande passante est de <0,08 nm. Ceci défavorise quelque peu l'observation de la surface du Soleil. Pour un observateur qui en a les moyens, un diamètre plus gros et une bande passante un peu plus faible serait préférable . La pratique
Le 4 janvier 2002, j'ai eu le bonheur de voir, l'espace d'une demi-heure, une protubérance d'une longueur égale aux deux tiers du diamètre du Soleil. Du jamais vu, détecté pour la première fois ce jour là par le satellite d'observation solaire SOHO.
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